vendredi 1 mai 2009

South Island ou la suite de l'enchantement...

Un jour, d'inespérées vacances arrivèrent. Fin de l'école, des cris, des pleurs, des 2+2 et du Complément d'Objet Direct... Début de la Nouvelle Zélande comme on l'aime, en touriste, doucement, consciencieusement, amoureusement...

Nous voila partis en direction de l'ile du sud pour deux longues semaines... Bye, bye Auckland, Christchurch be ready, here we are !!! Et ce fut fou, fou, fou, c'est moi qui vous le dis !
Arrivée à l'aéroport d'Auckland pour prendre l'avion pour Christchurch, principale ville de l'ile du sud, grande de 400 000 habitants à peu près.

Nous devions partir à deux : Carole et moi et retrouver notre premier ami du Tiers Monde, Olivier (en fait à l'iep avec nous), à Christchurch. Finalement, nous sommes partis à trois, avec Maike, un Italiano-Brésilien (mais oui les meufs j'ai son numéro, quand même !), encore plus tiers mondiste que l'officiel coréen donc, rencontré deux jours plus tôt au cours d'une folle soirée arrosée dans un bar d'Auckland, par l'intermédiaire d'un Espagnol, lui même rencontré quelques jours plus tôt par Carole au cours d'un week end à Rotorua par l'intermédiaire d'une estonienne cette fois. Qui a dit que la mondialisation était compliquée à suivre ? Comme je suis compréhensive, je ne vous expliquerai pas que l'estonienne a elle même été mise en contact avec Carole, par l'intermédiaire de Marie Laure, la française, mariée à un sud africain, chez qui je vis, qui l'avait elle-même rencontré à son cours de japonais. La mondialisation c'est beau, la mondialisation, c'est la vie et surtout, ça me permet de faire le tri entre mes lecteurs les plus vaillants.
Décidément, ce post s'annonce lonnnnnng, j'en suis sincèrement désolée pour vous tous !

Je disais donc, avant cette légère digression, que nous nous sommes envolés à trois pour l'Église du Christ (vous pouvez apprécier la traduction simultanée pour les non anglophones), avec deux compagnons hilares, oscillant entre le foutage de gueule et la tentative de rassurer une de nous, dont on taira le nom par courtoisie, légèrement stressée à l'idée de prendre l'avion une nouvelle fois pour un trajet qui devait bien durer 55 minutes quand même. Courageusement, étant donné la durée du vol, elle n'avait cette fois pas jugé utile de s'enquiller sa boite de xanax avant d'embarquer. Cependant, elle se sentit quand même obligée d'envoyer ces derniers textos, juste par précaution, hein, on ne sait jamais : "Maman, je prends l'avion pour chch là, je vais donc surement ne jamais arriver, je vous aime." "Pieter, je prends l'avion là donc adieu. Je t'aime".

Mais finalement, après avoir broyée la main de Carole à l'embarquement et rigolé aux blagues de Maike, qui se rappelait un sketch de Gad Elmaleh dans lequel il explique que les hôtesses, lorsqu'elles montrent les issues de secours au moment du briefing de sécurité pensent en fait intérieurement "alors devant, vous êtes tous morts, au milieu, tous morts, et au fond pareil, tous morts", je (parce que écrire à la troisième personne, ça va un moment hein, mais après faut au moins s'appeler Alain Delon pour se le permettre), j' plus exactement, j'arrivai donc saine et sauve, de façon tout miraculeuse, sur la piste de l'aéroport de Chch. Ainsi que mes compagnons, il faut le préciser.

Bref tout revigorés d'avoir survécu à une mort pourtant certaine, après un rapide tour au backpacker où nous devions passer la nuit, nous décidâmes d'aller manger une pizza dans un resto au bord de la rivière en attendant notre cher Oliv'.

Par empathie, je passe sur le dilemme burger/pizza, le mauvais choix de commande du brésilien, qui n'avait plus été dans un resto depuis longtemps étant donné sa situation sociale tiers mondiste pour en arriver à la partie "blonde" de l'histoire.

Retour au backpacker. La chinoise incompréhensible et non anglophone à l'entrée nous revoit passer, sait qu'on attend notre ami puisqu'on a déjà payé son lit. Cette précision apparaît certes superflue à ce stade du récit. Mais faites moi confiance, ensemble tout devient possible, vous le savez bien non, vous comprendrez plus tard l'intérêt de ce détail.

Notre coréen national (né à Rouen ne l'oublions pas) doit nous rejoindre aux alentours de 1h du matin. Il a tout, l'adresse, les numéros de téléphone, même celui pour commander la shuttle de l'aéroport au backpack. Il est 23h on l'attend dans la salle de télé devant Queen Elizabeth, un passionnant soap opera (soporifique, dirait les rigolos) sur sa majesté Lizbeth du temps des guerres de religion. On s'endort, on attend, le temps passe, on se rendort, il ne devrait plus tarder, on va faire un tour, on va guetter, on se rendort, on voit la chinoise, elle aussi, on retourne voir Elizabeth, on s'endort encore, on ressort, la chinoise le sait bien de toute façon, elle va le lui dire, on lui sourit d'ailleurs, ah tiens il y a cette femme qui parle avec son copain sur skype, ah un nouveau venu dans la salle télé " 'R U doin guys ?", bon ben s'il est pas ricain c'est bien imité, puis on se rendort encore, on est fatigués, puis encore un tour, puis on mate un peu la Queen aussi, d'ailleurs depuis le temps qu'on l'attend le coréen, ça a changé on est maintenant passé à "Prince William" et son adolescence difficile liée à un putain de tunnel parisien et à une horde de paparazzi affamés et aux abois, encore un film d'auteur avec un épais scénario, puis on retourne chercher le Coréen, on demande aux Jap' s'ils ont pas vus leur cousin et toujours cette chinoise... A 3h, on est très inquiet. Même la Chinoise est partie. Heureusement qu'on a réussi à mettre un bâton pour tenir la porte ouverte. On voudrait pas que l'avion se soit écrasé quand même. Le nôtre a certes résisté mais la majorité n'a pas cette chance, on le sait bien. Alors on appelle le Canada en direct live à 8h du mat' heure d'Ottawa et après a soirée de la veille, il nous en veut un peu le Canada de le réveiller pour lui demander de checker sur Internet (qu'on n'a pas) les vols arrivant d'Australie à ChCh aux alentours de 00h30, surtout qu'on ne connait pas la compagnie, encore moins le numéro de vol et qu'on est même pas sûr de la ville de départ. On appelle l'aéroport de ChCh pour qu'il fasse un last call, on apprend à cette occasion qu'il est fermé la nuit, ouille ouille, c'est qu'il fait plus chaud la nuit en avril, quand on a la tête en bas, mais tous les vols prévus sont bien arrivés, nous dit-on, alors dans une dernière conjecture, on se dit qu'avec tout ce décalage horaire et cie, on a dû se tromper de jour, surtout autour de minuit, alors on appelle la maison du Recherché (pourrait-on dire du Désiré même) et là, on tombe sur sa coloc' française qui nous apprend à 2h du mat', heure de Canberra, qu'on ne peut pas parler à Olivier "parce qu'il est parti en Nouvelle Zélande". Ah bon ? Bon. 4h du mat'.

On se dit qu'il doit y avoir une explication logique, c'est certain, mais que là, il est un peu tard pour la chercher et qu'on ne peut pas vraiment en faire plus de toute façon. Donc on décide d'aller se coucher, Carole et moi dans la chambre 25, avec le lit vide de l'Attendu et Maike dans la 27. Puis là, parce qu'on a quand même un sens de l'humour à toutes épreuves, on lui dit en rigolant, "vérifie quand même dans ton lit qu'il n'y est pas un coréen qui s'y soit couché."
Puis, sans rire cette fois, il revient le Maike, pas très fier et nous dit : "les filles y'a vraiment un chinois dans mon lit, je vous jure, venez voir". Là, fou rire général, on va checker, juste pour la forme, parce que les Asisatiques en Nouvelle Zélande, on en trouve autant que les puces sur un chien. Mais à ce moment précis, ô surprise ultime, est-ce qu'on ne voit pas ce salopard d'Oliv' gentillement endormi, dans le lit de Maike, avec un sourire béat de bébé sur ces jaunes lèvres. Là, ni une, ni deux, on le réveille, non mais dis donc, c'est pas qu'on l'attend depuis 3h non plus. Par la même occasion, nos éclats de rire réveillent l'ensemble de la chambrée et nous devenons les trois personnes les plus détestées de tout le Backpacker (et ça c'est pas drôle).
Bref, on explique l'affaire à l'Oliv' et il apparaît bien vite que toute cette histoire n'est en fait dûe qu'à l'incompétence manifeste de La Chinoise de l'entrée qui lui a dit à son arrivée :"oh, ils sont dans la chambre 25". Le malheureux Olivier se croyant seul, abandonné, pendant que nous étions partis dormir comme des Jafars, est donc gentiment allés se coucher à 1h, juste après avoir fait un petit tour dans le Backpack et notamment vu la femme qui parlait à son copain sur Skype !!!
Est-ce qu'on se sent ridicules un peu ? Oui, mais on est soulagés et heureux, avec un départ comme celui-ci, les vacances qui s'annoncent ne peuvent qu'être tonitruantes et inoubliables.




Parce qu'en avion, collée contre Carole, j'ai appris que regarder par le hublot, ça me calme et surtout m'occupe. Coucher de soleil rougeoyant sur les Southern Alpes, vu du ciel comme dirait Yann.





La même et l'avion ne semble toujours pas parti pour s'écraser, rassurée...


On the road ! Van récupéré auprès de "La Grosse", notre amie, notre mythe, notre Saint Graal presque durant ce voyage. La Grosse est manager chez Wenderkreisen, ancien constructeur nazi de chars d'assauts allemands pendant la seconde guerre mondiale, reconverti en compagnie kiwi de location de campervan. Attention aux rapprochements hâtifs, n'allez pas en conclure que La Grosse est nazie. En fait, nous voulions simplement connaître le poids limite pour le lit du dessus, car notre van était normalement prévue pour 3 avec un lit 2 places en bas et un lit "enfant" en haut, dans lequel nous avions donc prévus de dormir à deux. Et la, la réponse inespérée arrive : "oh actually there's no limit weight, it's very strong, you know, anyone can sleep in this bed, could be you, could be me, no worries !!!" En fait, pour ceux qui ne l'auraient pas remarqué seuls, la partie importante dans cette phrase est "could be me", c'est-à-dire "could be" tout aussi bien un éléphanteau et sa petite copine hippopotame. Nous voilà donc rassurés, prêts à partir, après avoir récupéré le Brésilien clandestin, resté tapis dans l'ombre d'un fossé en bord de route, pendant que nous récupérions la bête, afin d'éviter de se faire repérer par La Grosse, dont il ne faut certainement pas quand même sous estimer les racines nazies.


Et enfin, nous arrivons à Hanmer Springs, petite station de ski pépére, connue pour ses hot pools naturels dans lesquels nous nous sommes allégrement fait bouillir après une petite rando sur une colline. Arrivés au sommet, nous voyons ça. Il fait beau, chaud, la vie est belle et surtout l'ile du sud est à nous ! Et même les canards dégénérés de la ville, croisés avec des mouettes (private joke : "han, les filles, y'en a un, c'est pas un canard !"), n'arriveront pas à gâcher notre plaisir.

Puis on roule encore et on arrive là : Kaikoura. Nichée au bout d'une péninsule, la vue sur les montagnes enneigées est tout simplement à couper le souffle. D'autres diraient "awesome" ou "amazing" ou même "sweet as", incontournables en NZ.

Nos deux amis du tiers monde, corvéables à merci entre vaisselle, ouverture du gaz, gardiennage des clés et dés/installation des lits. Mais qu'est-ce qu'on les aime, hein et on le leur a bien montré...


Une Inuit en NZ ou comment utiliser ses vestes mi-saison canadiennes pour une croisière hivernale à Kiwiland !

La fameuse vue du bateau sur les sommets enneigées...

... un albatros...

... et une baleine !!! L'objet même de notre croisière car Kaikoura est la ville des baleines, des Sperm Whales plus précisément, appelées ainsi en raison d'un liquide visqueux qu'elles ont sur leurs têtes (qui n'a pas pu s'empêcher de ricaner ?)

... et une autre ! Là, elles font toutes petites, mais en vrai elles font entre 15 et 17 mètres ! Et la commentatrice, qu'est-ce qu'elle disait à chaque saut de baleines... "awesome" ou "lovely", à ne pas sous estimer non plus ! En fait, d'abord le gros maori commandant de bord s'arrête dans un coin à baleines, puis il sort une sorte de gros stéthoscope géant avec lequel il ausculte le fond des océans et puis la commentatrice dit : "super, on est chanceux aujourd'hui, il y en a une tout près". Alors là, on roule (qui peut me dire comment on dit pour un bateau ?) pendant 15 minutes, puis on se rapproche peu à peu d'une grosse masse échouée au milieu de la mer dont on ne voit que la partie supérieure flottée à la surface et on attend, en essayant d'imaginer l'immensité de toute la partie immergée, jusqu'à que la bête se décide à faire la roue et à plonger dans les profondeurs marines. Assez impressionnant j'avoue malgré le sarcas(cos)me ambiant du début. Surtout que finalement, grâce au gros maori et à son stéthoscope, on en a vu 5 ou 6 des baleines à sperme ! Et qu'est-ce qu'on dit dans ces moments là : "sweet as" ! Et si on est vraiment très heureux, on peut même rajouter "mate". La chance que vous avez que je vous initie aux magnifiques et diversifiés expressions kiwies !!!


Une Carole, animal rarement observable de si près, à moins d'être brésilien...

Puis avant de rentrer, au bout de deux heures de magnifiques croisières, on a vu des dauphins, une colonie de dauphins-pingouins, noirs et blancs, qui s'en payaient une bonne tranche, passant sous et à côté de notre bateau.

Il y avait même Flipper parmi eux ! "Cool as" (une nouvelle !)

Kaikoura, décidément très portée sur les animaux, est aussi connue pour sa colonie de phoques. Au début, on trouvait cela incroyable, des phoques, mais en fait, il y en a partout dans l'île du sud, si bien qu'à la fin, on était un peu blasé du phoque ! Ci-dessus, les rochers où nichent la colonie.

Une de ces petites bestioles en train de nager...

... et un gros pépére qui pose pour la photo ! Les phoques, c'est quand même énormes, trop rigolos (un peu comme le mot en lui même). Y'a pas plus fainéant, ça passe son temps à se faire sécher au soleil et quand ils sont bien secs, ils galèrent pendant trois heures à se déplacer avec leur queue de sirène sur les rochers hérissés pour aller se remettre à l'eau ! Puis une fois dans l'eau, c'est à peu près aussi joueur qu'un dauphin, ils passent leurs temps à faire des "roulers-boulets", c'est-à-dire pour ceux à qui le sens de cette expression de mon enfance échappe quelque peu, à rouler sur eux même dans l'eau très, très vite. Finalement, comme un slogan de pub, on pourrait dire qu'on passe de sacrés quarts d'heure avec les phoques !

Une algue hyper robuste dont la texture ressemblait à du cuir, idéal pour vos ceintures et autres fouets.


Quatre jeunes dans le vent, dans la douceur d'un coucher de soleil, pris en photo par des latinos parlant allemands, heureux de ce beau début...

A suivre...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

EXCELLENTISSIME cet article, vite vite la suite

Unknown a dit…

Je suis assez d'accord, c'est ou la suite?

J'ai surtout adoré comment la chinoise, dont j'ai jamais entendu parler avant, a prise toute la responsabilité de vos conneries :p

D'aileurs, est-ce que toutes les Inuits mignones sont émigrées du Canada à la NZ ?? Ici y'en a pas de si belles hein (et non, pas de sarcas(os)me là)

PS: On va parler encore de la façon qu'on' leur a bien montré comment 'on' les aime... ;)