dimanche 17 mai 2009

Je hais les dimanche soirs...

... je veux dire même ici, en NZ, à l'autre bout de ce foutu monde, je les déteste, je les abhorre, je les vomis...

J'ai passé pourtant un week end magique, comme on les rêve, entourée d'amis, de nourriture, délicieuse, de vins en quantité, de paysages kiwis inondés de pluie et de moutons et de grottes au goût de contes de fées.

Avec ces belles images pour remplir la tête et le cœur, on pourrait penser qu'on se moque pas mal du dimanche soir, surtout que demain, c'est (pour une fois, la première depuis 3 mois), changement de programme et immersion dans l'unité samoane de l'école où je travaille. En gros, demain et pour toute la semaine, je vais apprendre à dompter un enfant de 8 ans qui mesure déjà 1m83 et pèse 110 kg. A priori, ça sonne bien, ça laisserait même rêveur...

Oui mais voilà, c'est TOUJOURS le dimanche soir que malgré toutes les belles choses passées et à venir que je garde dans un coin de ma tête, cette foutue mélancolie se réveille.

C'est toujours le dimanche soir que je me rends compte à quel point l'été me manque, comme mon corps brûle de brunir au soleil du sud, sur la chaise longue, face aux rosiers, pendant qu'ici, il pleut à verse et fait 13 degrés.

C'est toujours le dimanche soir que je me rappelle comme finalement je les aime ces repas en famille du dimanche midi, le goût du poulet rôti et des frites maisons, les complaintes des vieux sur le temps qui passe et les ballades dans les collines, ces collines, mes collines. C'est toujours le dimanche soir que je m'aperçois que quoiqu'on en dise, aussi fier et fort qu'on pense être, ne pas voir ses parents, ses frères, sa famille, pendant quasiment un an, c'est pas toujours facile. Ça serait même carrément douloureux certaines fois.

C'est toujours le dimanche soir que la douceur d'un après midi toulousain me revient. Le goût d'une part de Banofi Cake place Saint Georges, l'odeur des cerisiers en fleurs dans le jardin japonais de Compans, le souvenir du bruit d'un éclat de rire d'une blonde colloc' au 12 av. Honoré Serres et l'empreinte qu'il laisse sur mon coeur. C'est toujours le dimanche soir que je me dis qu'il est trop bon de se lever tard, trop tard pour faire quelque chose de constructif de sa journée, à part se remettre de la soirée de la veille et se rappeler les énormes conneries que chacun a pu fièrement raconter.

C'est toujours le dimanche soir que je me remémore ces dimanche matins, réveillée aux aurores, pour aller honorer la mémoire de quelques vieux combattants dans un village du coin. Même le souvenir de Sergio, notre ami espagnol de NZ qui s'entraîne à chanter la Marseillaise pour le match de rugby France-All Blacks que nous aurons la joie, la chance et le privilège d'aller voir le 20 juin à Wellington, ne suffit pas à me faire oublier la fierté, quoiqu'on en dise, de faire sonner l'hymne national pour trois pauvres papis qui ne survivent dans ce cruel monde réel que par les souvenirs que leur mémoire leur laisse.

C'est toujours le dimanche soir qu'encore plus que chaque autre soir, j'ai envie/besoin d'être serrée dans tes bras, là, tout contre toi, doucement, tendrement, parce que dehors la neige tombe ou le vent soufffle ou les logging trucks rôdent, ou juste parce que je ne peux pas vraiment vivre harmonieusement sans cette sensation de bonheur parfait. Sans ces baisers brulants qui m'aident à me sentir apaisée. Sans cette main sur mon ventre qui m'aide à m'endormir paisiblement.

C'est toujours le dimanche soir que je me dis que certes le temps file, m'échappe même, mais que six semaines avant de partir, ça fait encore six dimanche soirs à passer ici, seule, loin de tout ça, de vous tous, de toi, et que décidément, rien n'est jamais acquis, ni facile.

Maintenant, je vais aller me coucher, pendant que vous tous êtes en train de vivre ces dimanche que je voudrais tant pouvoir partager avec vous. On n'aime jamais autant ses routines que quand on ne les vit plus. Je voulais du changement, voir de nouveaux horizons, mais finalement, même au milieu de l'océan Pacifique, le dimanche soir, je ne veux que retrouver mes petites habitudes. Etre chez moi. Rire avec vous. M'ennivrer de toi.

Je suis certainement une petite fille gatée et je suppose qu'il est difficile de comprendre et supporter ce genre de complaintes quand la seule chose dont on rêve est de pouvoir prendre le premier avion pour Auckland. Je comprends...

Mais simplement, je ne souhaite à personne de vivre des dimanche soirs, ici, là bas, ailleurs, n'importe où. Je pense qu'en fait Dieu a inventé bien pire que la Femme pour punir l'Homme, il a inventé le dimanche soir, ce salaud. Définitivement, je ne crois pas en Dieu, il est trop méchant.

Je ne crois qu'en Jacques Brel et en la puissance de ses chansons pour réussir à me tirer des larmes par lesquelles pourront enfin s'écouler toute la mélancolie dégoulinante d'un dimanche soir pluvieux.

Je ne crois surtout qu'au bonheur de vous retrouver tous, dans tous ces lieux là...Dans six semaines. + 3 jours, 14h, Mtl, je porterai une jupe blanche, un haut mauve, des lunettes de fashionistas pour célébrer mes retrouvailles avec l'été, avec ma vie canadienne, avec toi... Pour fermer cette parenthèse qui, malgré tout, reste enchantée.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Tout ce chagrin!!! et moi je n'étais pas là pour te serrer contre mon coeur et te dire le nez dans tes bouclettes combien toi aussi tu me manques. On se le dira, demain au téléphone, décalées, parce que tu as la tête en bas mais on se le dira quand même et on se parlera du bonheur de se serrer l'une contre l'autre bientôt ,pas encore assez tôt pour faire un calendrier de l'avent mais BIENTÔT.
S'il y a une chose que j'aimerais jouer en ce moment c'est çà:
" Dans un an dans un jour comment souffrirons nous seigneur que tant de mers me séparent de vous..... Que le jour recommence ou que le jour finisse sans que jamais Titus puisse voir Bérénice".Je le dirais tellement bien!
Retourne à ton coucher de soleil (tu sais la photo magique)et tu verras, la nostalgie te sera douce et apaisante,parce qu'au fond on est tous là avec toi et çà personne ne peut te l'enlever.La nostalgie c'est une onde d'amour!
Bisous ma Bérénice