Mais, en Nouvelle Zélande, y'a pas vous. Voilà et ça "it sucks" comme on dit ici.
Y'a pas Papa/Maman pour préparer le poulet/frites du dimanche et écouter gémir leurs aïeux fatigués par la vie. Y'a même plus les deux Nog', qu'ont délaissé le radeau pour les beaux yeux de très belles personnes.
Y'a pas ma légendaire et inénarrable coloc'chouette d'Arnaud Ben, y'a pas ses états d'âmes et ses questions existentielles qui me donnent l'impression d'être importante, au moins pour elle. Y'a pas nos délires, nos "taillages" sur les dernières photos Facebook de telle lointaine connaissance qu'on n'a jamais pu sacquer mais avec qui on est quand même "amies", juste pour pouvoir faire ça !
Y'a pas les sans souci, les vendredis soirs Industrie à refaire le monde après une répé laborieuse et à rigoler à en avoir mal au ventre en se disant que c'est vraiment une ville de merde mais que quand même, qu'est ce qu'on l'aime.
Y'a pas le Grand Chef qu'on essaye de convaincre de rester et qui doit partir cent fois mais revient cent cinquante.
Y'a pas mes trois chéries de l'Iep, ni les Trashs, ils sont tous occupés à profiter de leur mobilité chacun de leur petit bout du monde. Et comme ils ont raison, les bougres.
Y'a pas les autres, les "vieux" amis, ce qu'on voit moins mais qui sont là, toujours, prêts, qu'on appellera quand on sera triste ou heureux, ceux sur qui le temps ne peut pas grand chose, tant le reste est solide.
Il n'y a plus le clan d'Evelyn/Lees et leur private jokes communicatives avec qui "on s'enc... allez, allez, allez, allez, allez" à toutes les soirées.
Il n'y a même plus Nelson, nos voisins chéris, leur ambiance grande famille, leurs crumbles somptueux et leurs petites frimousses qu'on en mangerait.
Même le Henderson du Ch'Nord n'est plus là. Fini d'entendre cent fois les même histoires racontées à chaque soirée et de se moquer d'une maîtrise du Français, pourtant langue maternelle, quelquefois hasardeuse. Finies aussi les blagues graveleuses, sur la santé de Cléo, la petite chatte au poil soyeux.
Finies les batailles dans la neige et les organisations de soirées diaboliques avec la petite bretonne devenue 120tiste.
Puis y'a plus la voisine de Goulburn, et son coloc' rouquin/montpellierain, avec qui l'on aime parler de tout, de tant, si bien.
Y'a même plus la Parisienne boulimique, la demie-coloc', pour venir goûter tous nos plats et négocier des commandes gratuites chez Pizza Pizza. Puis il n'y a plus mon fils, le blondinet messianique, pour faire des blagues douteuses sur la hiérarchie des races humaines et chanter l'Eté Indien à en donner des frissons à Joe lui même, du haut de sa colline et du fond de son tombeau. Il n'y a plus l'autre fils nantais non plus, qu'est débordé de mails, de TP, de Chinois, de cours, de "coups". Puis y'a même plus la petite Britannique qui dit "hello" toujours avec sa même petite voix et qui se marre de toutes les conneries des autres zouaves, pleine de bienveillance.
Il n'y a surtout plus toi, pour juste me regarder avec ces yeux si doux, les seuls qui en un instant peuvent me redonner ce sourire, que ce soir je n'ai plus.
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A vous tous merci, juste d'être là dans mon petit esprit pour adoucir des moments comme ceux là.
Je vous aime, surtout toi.









