Bon après ce court post presque "foutagedegueulesque", tellement il servait à rien, des nouvelles, des vraies !
Alors voilà, Ottawa s'est bel et bien terminé. Il a bel et bien fallu en partir. Dire que ça était dur ne serait pas suffisant ou serait une fort bien jolie litote. Ça était pire que ça. Déchirant, encore et toujours. Six mois plus tard, nouvelles personnes, nouveaux lieux, nouveau contexte, toujours des pleurs. Comme si rien ne changeait vraiment jamais complètement. Cette idée semble aussi rassurante qu'elle fait peur.
Bref, peur panique dans l'avion toujours, turbulences tout le voyage ce qui ne facilite pas les choses, discussion en anglais avec mon voisin canadien d'Ottawa pendant les deux dernières heures, à qui j'arrive à faire promettre qu'on ne va pas s'écraser aujourd'hui...et finalement Paris.
Paris, tout blanc sous une fine couche de neige, j'ai bien cru un temps que le pilote m'avait fait une surprise : demi tour dans la nuit et retour à Montréal.
Mais une fois à CDG, plus de doute, c'est bien la France ! Les gens parlent forts, ne connaissent pas le concept de la "line" pour acheter un café, faut jouer des coudes pour être servi, c'est la guerre, y'a des militaires avec des famas parce que surement Vigipirate s'affole et les douaniers font des blagues lourdaudes. Welcome back. Thanks you really ! I missed it.
Mais ce serait mentir que de dire que j'étais triste. J'étais même plutôt heureuse en fait. De rentrer chez moi, dans mon foutu pays, puis de descendre de cet avion de malheur aussi ! Mais c'était tellement bizarre, je me suis sentie comme une étrangère dans mon propre pays, comme s'il me fallait réapprendre toutes les normes en vigueur. Je n'ai jamais senti d'aussi près le concept de socialisation et de culture comme un ensemble de "filtres et décodeurs", si cher à mon prof de socio canadien ! Mais ce n'était pas si désagréable en fait, juste étrange.
Puis il y a la salle d'embarquement à destination de Toulouse qui se remplit peu à peu de jeunes seniors encore plein d'énergie (et d'argent) rentrant de voyage et qui ponctuent toutes leurs phrases de "putains cons", soupirent, s'exclament, s'énervent, puis embarquent, bien gentiment. Dans l'avion, ça lit la Dépêche et ça parle "rugueby", hé. Le papy à côté de moi se sent obligé de dire à sa femme : "ouh, éh bé, on est pas loin des issues de secours, éh, si jamais on doit partireee viteee." Merci pour ce franc parler toulousain, t'sais ! Tout ce dont j'ai besoin dans un avion.
Puis on se pose enfin. Destination finale. Papa/Maman/Nanou. Des retrouvailles. Un hiver que je trouve étonnamment chaud. Deux valises qu'on croyait perdues et qui arrivent enfin. La maison. Les animaux. Comme une sorte de bonheur. Celui de retrouver son chez soi. "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ou comme cestui-là qui conquit la toison et puis est retourné, plein d'usages et raisons, vivre entre ses parents le reste de son âge."
Puis la soirée est longue. Elle est remplie de choses mornes qui me donnent mal au coeur : papi/mamies et d'autres plus jolies qui me rappellent à quel point rien ne change vraiment tout à fait et comme on peut toujours compter sur des bases solides : les No Souci et cette répétition du New Year's concert mémorable. Puis la surprise le soir, les quatre irréductibles dans mon salon. Pas cool, encore mieux !!!
Puis il est minuit, on n'a pas dormi depuis bien 30 ou 32 heures maintenant ! Fin du round, on n'arrête les frais. Noir.
Bref le séjour se passe. En contact quotidien (voire octo quotidien) avec Ottawa !
On aime bien dès fois. C'est les vacances, la liberté, comme jamais avant à la même période. Mais dès fois, on a du mal, on se dit que ça valait vraiment pas le coup de revenir, on est rattrapés par des histoires qu'on pensait réglées depuis un moment, on voudrait voir plein de gens qui ne peuvent pas. On s'aperçoit qu'on a changé, mais que le monde autour pas trop. Et ça crée un décalage parfois bizarre. Parfois amusant. Parfois angoissant. Parfois, ça n'en crée pas du tout et ça c'est délicieux.
Les 10 jours passent très vite. Dès fois, je trouve trop, dès fois je trouve trop peu. J'ai reçu mon visa, la veille de mon départ. Je ne me sens pas plus prête à partir que je l'étais fin août. L'angoisse est toujours là. Moins, c'est sûr. Puis à Auckland, j'ai déjà une adresse. Mais c'est juste à l'autre bout de la terre. Et moi les avions j'aime pas trop. Mais bon, il ya "l'ami Xanax", comme dirait Andréaz ! Toulouse-Paris-Séoul-Auckland. Trois jours pour se retrouver la tête en bas et le coeur toujours entre la France et le Canada.
Début d'une nouvelle ère. C'est parti ! Mais ne me parlez plus d'avion pendant au moins 3 mois !
Cool si vous continuez de me suivre dans ce nouveau périple. Attention les yeux, ça va changer complètement. De décors, de vies, d'ambiances. Mais c'est ça qu'est beau, nan ? La diversité. Cette année de mobilité, malgré tout ses défauts, reste quand même sûrement un des plus beaux concepts qu'on n'ait jamais inventé.
Avec amour, je vous envoie du soleil de l'hémisphère sud...
L'A380 pour Skymark Airlines ?
Il y a 15 ans

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire