Je sais, je sais, je sais... Ça fait maintenant trois semaines que ce road trip est terminé, que la triste vie aucklandaise a repris son cours, avec son lot de vent, pluie et froid hivernaux et je n'ai toujours pas été fichue de raconter le troisième jour du voyage.
Alors, ce soir, je vais essayer de m'y mettre. De me replonger dans ces ambiances, ces paysages, ces bonheurs, de ne pas trop digresser sur les 36 000 autres questions qui m'assaillent l'esprit aujourd'hui. Mais celles-ci seront l'objet d'un autre post, soyez bien aise !
Donc, après nos 4h de marche dans le Nelson Lake N(ational) P(ark), nous voici en route pour la mecque du NP de NZ (est-ce que ce pays est plein d'abrévations ?) : Abel Tasman NP, réputé pour ses sentiers sur les falaises abruptes, au milieu de la forêt, offrant des vues imprenables sur des baies aux eaux cristallines et au sable orangé, unique au monde.
Nous voulions à la base explorer une vaste partie du parc, c'est-à-dire partir assez tôt le premier jour, après avoir pris nos renseignements à l'office de tourisme, marcher toute la journée, pour atteindre un refuge où nous voulions passer la nuit, continuer à randonner le lendemain et rentrer dans l'après midi en "Water Taxi", petits bateaux à moteur hyper instables qui font des navettes régulières pour ramener les visiteurs à l 'entrée du parc.
Finalement, week end de Pâques oblige, ni les "huts", ni le backpacker-bateau n'avaient suffisamment de places pour nous accueillir lorsque la longue nuit froide et noire s'abbattrait sur cette partie de l'ile du sud.
Nous avons donc décidé de partir le premier matin à pied jusqu'à Anchorage Bay, située à 5h de marche de l'entrée du parc, de revenir dormir dans notre van si confortable, grâce à un de ces fabuleux Water taxis, puis de nous faire déposer sur une autre plage le lendemain, plus au nord, pour pouvoir revenir vers le sud à Anchorage Bay de nouveau et poursuivre notre exploration du parc. Ce qui impliquait une fois de plus, un retour dans cette adorable embarcation.
Bref, plus je relis et plus j'esaie de rendre les choses simples, plus je trouve ça confus et embrouillé. Toute façon, on s'en fout un peu hein de notre itinéraire, j'aimerais bien savoir qui va aller "google mapisé" ces informations pour se faire une idée précise du trajet. Moi j'y étais, je m'en rappelle, c'est l'essentiel. Vous, ce qui vous importe, ce sont les photos, vous avez déjà tous arrêtés de lire à ce stade, je le sais, donc, en avant :

Première baie, premier jour, encore des rayons de soleil qui rendent l'eau si turquoise, que ça en donne l'esprit rêveur...

Ce fameux sable orangé et cette fameuse phrase culte "oooh, vous avez vu ce sable orangé ? Cette couleur, c'est incroyable, surtout avec un rayon de soleil !" (Qui peut bien prononcer de telles lapalissades ? C'est simple, la même dont on a déjà parlé précédemment dans ce blog, qui s'extasiait tous les 2 mètres sur le sommet dépassant de la CN Tower et quelques mois plus tard, sur le tout aussi pointu toit de la Sky Tower, en répétant à qui veut bien l'entendre (plus ou moins toujours le même, le pauvre...) "ooooooh, t'as vu la CN/Sky Tower" ?)
Si l'on reprend la phrase avant le début de cette interminable parenthèse (parce qu'en plus de parler de moi à la troisième personne comme Alain Delon, je fais semblant d'écrire comme Proust), nous voici donc à "Rayon de soleil", expression sur laquelle les trois bons beaufs français que nous sommes n'arrêtaient pas de rebondir en chantant aussi fort que faux "uuuuuuuuun rayon de soleil, un pont suspendu aux fleurs de ton jardin, la main sur ton petit cul..." Anyway.
Une photo, 67 lignes de commentaires sans aucun rapport. Mes pauvres choux, ce post s'annonce particulièrement difficile...

Toujours "sea, sex and sun" (Pieter, je ne parle pas toujours QUE pour moi dans ce blog hein, tu le sais... ;-))

Cassis, côte d'Azur...

... au milieu du Pacifique. En fait, il faut savoir que les Kiwis adorent ce coin pour le dépaysement qu'il leur apporte sans avoir à bouger de leur île.

"Ma qué tou est belle !"

Notre fameux "Water Taxi", juste trop flippant (et pourtant j'ai beaucoup moins peur en bateau qu'en avion), qui prend les vagues hyper vites, avec des chauffeurs hyper tarés, qui sont hyper contents de te montrer comment ils peuvent faire des virages hyper serrés.
Heureusement qu'avec Olivier, toujours assis sur les même sièges (à l'avant, pour être protégés, derrière le chauffeur, pour être les premiers sauvés), on maitrisait à fond les signaux de sécurité et les appels radios à émettre en cas de naufrage ("sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord").
Puis, une fois arrivés, nous embarquions sur ces charmants tracteurs qui nous ramenaient sains et saufs (et à 15 km/h) à bon port.

Et entre les vues panoramiques sur les différentes plages, nous randonnions dans la profonde forêt kiwie, au milieu des fougères (et des korus !!!), des palmiers, des native trees, au son du chant des native birds, souvent invisibles, toujours innateignables.
Une ambiance curieuse que ces forêts néo-zélandaises entre leur végétation luxuriante, laissant penser à une forêt tropicale, malgré l'absence d'animaux effrayants autres que de gros pigeons au jabot gonflé, et leurs arbres "courants", que l'on retrouve aussi dans nos contrées.

Deuxième jour, le temps est manaçant, jusqu'à devenir franchement "wit" (c'est-à-dire wet pour un anglophone normal), avec de la pluie sans interruption pendant tout l'après midi.

Mais cela rajouterait en fait un charme assez certain à ces superbes paysages, avec une seule envie : rentrer vite et pouvoir prendre une bonne douche chaude ! Plus trop de conversations entre nous donc, juste des pas, des pas et encore des pas, particulièrement propices à l'évasion dans de profondes rêveries, dans un état semi-conscient, pour se remémorer des souvenirs doux, rassurants, apaisant, des sensations agréables et imaginer un futur tout aussi délicieux...

Petite plage intérieure, balayée par la pluie...

La fougère, la plante fétiche, incontournable, irremplaçable et son koru, qui me laisse tellement émerveillée que je vais me lancer dans une thèse explicative intitulée ainsi : "le Koru de NZ ou l'imanquable recommencement des choses", en deux parties, deux sous parties, bien sûr.

"Le petit pont de bois, le petit pont de bois, le petit pont de bois"... est en fait un grand pont suspendu (et il bouge, le bougre) au dessus d'une somptueuse vallée, sur lequel, on ne peut s'aventurer qu'à quatre d'un coup. Ca tombe bien me direz-vous. Les trois casse-cous devant ont adoré (le "meilleur souvenir du parc" pour Maike, ah ces mecs, ils sont désespérants de blocages émotionnels bucoliques et pastoraux), moi aussi, hein, vraiment, mais juste un petit peu moins sur le moment...

La fameuse rivière émeraude (ouais en vrai, c'est vraiment couleur bleue canard wc, mais ça fait tout de suite moins poétique) qui coulait en dessous du pont suspendu ("aux fleurs de ton jardin, ma main, sur ton petit c..." Pardon, je m'égare...)

On aime monter pendant 4 km quand c'est pour avoir la vue la dessus...

Notre petite plage d'arrivée le deuxième jour, sous la pluie, à devoir attendre le bateau pendant une heure et quart à cause de notre avance incroyable (les temps de marche dans les NP kiwis sont vraiment calculés pour des handicapés en fauteuil roulant qui le font en marche arrière et avec la manette de blocage des roues activées (au fait, parenthèse dans la parenthèse, encore, qui pense que je peux avoir des problèmes juridiques avec mes blagues de mauvais goût sur le Tiers Monde, la Belgique et les handicapés ?)). Finalement, on a trouvé un vieux hangar, avec un canapé, un téléphone public (l'objet le plus important au monde pour moi au cours de ce voyage, durant lequel mon portable n'avait successivement ou conjointement, ni réseau, ni batterie, ni forfait) et notre jaune national a même pu taper la conversation avec Laura Ingalls, from Chicago, qui est restée, malgré de beaux efforts tiers mondiste, impénétrable (j'ai honte, pardon papa, pardon maman...).

Un de nous (ou peut-être même pas) échoué près d'un panneau, qui attend désespérément notre water taxi, à l'entrée duquel il faudra, irrémédiablement et inlassablement, enlever ses chaussures et ses chaussettes pour pouvoir monter. Et, ça, c'est pas facile !

Une dernière photo du premier jour avec le soleil, pour vous rappeler comment c'est beau (mon fils). En fait, je me suis simplement trompée d'ordre en la téléchargeant, mais comme vous n'êtes que de pauvres lecteurs naïfs et crédules, je fais ce qu'il me plaît, mouarf, mouarf, mouarf...
Une autre part importante des deux nuits passées à l'entrée du parc, et dont malheureusement aucune photo ne peuvent témoigner, réside dans Le café-restaurant où nous avons passé de longues heures à manger des patisseries aussi scandaleusement caloriques que divinement gouteuses, en buvant des Cappu, puis des bouteilles de blanc, puis de rouge, avant de nous lancer (sous l'impulsion machiavélique, il faut bien l'avouer d'Oliv' et moi) la veille du départ de Maike, obligé de rentrer plus tôt que nous pour cause d'avion retour pour Sao Paulo, sur le restaurant et son "rabbit" et son "lamb" à "faire trembler les murs de Jéricho" comme l'aurait poétiquement hurlé ce bon vieux Michel (Sardou, pour ceux qui manqueraient d'une solide culture musicale française...).
Puis nous avons tellement aimé cette ambiance, que nous sommes restés après pour "l'open mic" organisé en l'honneur de la dernière soirée du resto avant la fermeture saisonnière. L'open mic, c'est une sorte de scène ouverte, qui offre la possibilité à tous les "talents" de la vallée de se produire pour nous faire partager leur amour de la belle musique. Voilà, comment on s'est retrouvé au milieu de la soirée la plus roots de notre vie, entre guitaristes dreadeux, batteurs complétement stone, maori qui chante du Bob et surtout ce bon vieux Bourré (ben oui avec une majuscule, c'est son prénom quand même), le simplet de la vallée, qui s'accrochait à toutes les poutres du resto pour danser en faisant Tarzan ! Puis il y avait les serveuses du resto aussi, la petite grosse notamment, la Bourrée (ils sont un peu consanguins ici, c'est comme le Cantal), qui s'enchainait les verres de rouge en jetant des oeillades ennamourées au Oliv', à moins qu'il ne faille dire à l'Oliv', peut-être (faut bien avouer qu'il la chauffait aussi, hein ce salaud (comme je peux faire courir de vieilles rumeurs sur ce blog, c'est énorme, je vais pourrir ta réputation à l'ambassade de France mon petit) ). Il y avait les petits gars des fermes du coin aussi, 15 ans, l'âge légal pour conduire SEUL une voiture en NZ, venus passer leur première vraie soirée d'hommes à l'Open Mic' et qui t'abordent en ces termes "hey mate, h......R.....in' ???" qu'il faut traduire par "Hèye meyte, ao areuh you goingue ?". Pas toujours facile la vie dans la vallée, hein...
Toujours est-il qu'on a passé une soirée magique, qui s'est terminée relativement tôt, mais au cours de laquelle nous avons réussi à retracer la vie de tous ces personnages mythiques, haut en couleurs, tant et si bien qu'on était triste de ne même pas leur dire au revoir en partant et qu'ils ne remarquent même pas notre départ, nos nouveaux amis...
Fin de deux jours superbes, riches en émotions artistiques et humaines et en fou rires divers, à Abel Tasman NP. Départ du Brésilien , le Tiers Monde s'écroule, l'Occident vacille, mais bon gré mal gré, l'aventure continue, toujours plus follement...
To be continued