Alors voici la suite... Pour nous remettre du départ de notre brésilien préféré (en même temps, on en connait qu'un, n'est-il pas ?), nous avons décidé d'aller respirer l'air du large à Farewell Spit, point le plus au nord de l'ile du sud. En fait, il s'agit d'une longue bande de sable, pleine de dunes, qui s'étire dans la mer, sur plusieurs kilomètres.
Comme nous étions pas mal fatigués après nos derniers jours de rando, nos courtes nuits et que nous ne disposions pas du temps nécessaire pour faire la ballade sur cette langue de terre, nous avons principalement bu des cappus en mangeant des muffins dans le café face à la mer, en profitant du panorama somptueux qu'il offrait sur la pointe. Attendant l'arrivée d'un car de touristes français, les gentils propriétaires du lieu, kiwis, avaient pour l'occasion sorti la playlist française et nous avons pu dégusté nos boissons en reprenant en choeur "Joe le Taxi", Renaud et l'incontournable Dalida avec ses "Paroles, paroles et paroles", ce qui ne fut pas sans me rappeler, avec un petit pincement au coeur, la colloc' du 120 et ses folles soirées chansons françaises.
Puis, tout bonnement, dans ce décor champêtre, au nord du nord de l'ile du sud, au milieu des collines moutonneuses, nous avons gouté le plaisir d'une petite sieste dans notre van, à trois, collés, sur le lit du bas. Nous avons à cette occasion eu cette conversation un peu surréaliste : "bon, ça dérange quelqu'un si j'enlève mon t-shirt, parce qu'il fait chaud là ? Non, vas y, moi je suis en culotte déjà !" Et tout ceci, en tout bien, tout honneur bien sûr (BIEN SUR, Pieter, d'ailleurs tu remarqueras que je n'ai pas précisé qui a pu prononcer ces paroles, tu te doutes qu'il est impossible que ce soit moi...BIEN SUR) quoiqu'ait pu en penser le jeune militaire-crâne rasé français garé à coté de nous et qui, ayant eu le bonheur d'assister à cet échange, nous a jeté un coup d'oeil horrifié, du style "mon dieu, mais qu'est-ce donc là que cette jeunesse française dépravée qui me poursuit jusqu'en NZ ? Ah vraiment, ma bonne dame, y'a plus de morale". On a bien rigolé hein, encore plus, inutile de préciser.

La gentille dinde du bar qui a adooooooré prendre cette photo de nous 3, qu'on pourrait assez justement intituler "Bugs Bunny, le jaune constipé et l'obèse enceinte" (ah tu voulais des photos de moi, ben tu vas pas être déçu. Ah tu voulais de BELLES photos de moi. Désolée...) Mais bien sûr, toujours positifs les Kiwis, devinez comment elle l'a trouvé sa photo, la dinde : "ooooooh sweet as !" On peut pas lutter contre ça.

Le petit point de vue avec une table d'orientation, au sommet d'une colline, sur lequel on a grimpé après notre sieste réparatrice.

Des collines verdoyantes, des moutons, welcome to NZ !

La fameuse Farewell Spit qui s'étend au loin...

Puis après cette escapade au nord, nous avons roulé, roulé, roulé encore, direction le sud, par la côte ouest. Puis épuisés, alors qu'il fait nuit noire, nous décidons de nous arrêter au milieu d'un "village", le seul répertorié sur la carte depuis les 150 km que nous roulons, de nuit, au milieu de la profonde forêt (et comme on n'est pas des p***, on se raconte même des histoires de films d'horreur, jusqu'à ce que je demande d'une petite voix suppliante si on peut se mettre à se raconter des histoires drôles plutôt, des histoires belges par exemple). Attirés par un parking sur lequel d'autres vans sont déjà garés, nous passons la nuit, pensons-nous "pas trop loin de la mer, on entend comme un bruit d'eau." Finalement, le lendemain, c'est ici que nous nous réveillons. Les pieds dans l'eau, au bord d'une petite crique...

... légérement agitée par la pluie et le vent de ce matin là.

Petite rando dans la boue, mal réveillés, pour arriver là et nous remplir les yeux de ces magnifiques côtes sauvagement découpées par le vent et l'eau.

Puis on repart, tôt, sans petit-déjeuner (fait suffisamment rare pour être signalé) direction Pancakes Rocks, devant lesquels nous comptons bien prendre notre breakfast. En fait, cela s'avère impossible sur le site proprement dit, mais nous nous restaurons sur le parking, avant de nous lancer sur le petit sentier balisé et goudronné (même les gens en fauteuil roulant peuvent en faire une portion) à la découverte de ces roches volcaniques qui forment des sculptures naturelles. Premier arrêt photo, première plage.

En fait, ces rochers sont caractérisés par une succession de couche de magma séché, ce qui leur donne l'aspect de gros pancakes bien moelleux (et là, on en mangerait bien un du coup).

La mer s'agite, les rochers se dressent fiérement...

... et les trois couillons posent, tout aussi fièrement, après l'offre bien sympathique d'un jeune français, qui est "au bahut" et qui nous a bien saoulé, ainsi que tous ses amis internationaux ados-boutonneux-idiots, à visiter le site au même moment que nous. Et voici que la grosse blonde en caleçon moulant qui fait ressortir ses deux jambons (je suis sure qu'elle est canadienne, un style comme ça, ça ne trompe pas) se sent obligée de sauter sur le petit pont de bois sur lequel nous sommes tenus de passer. Et voici qu'on fait forcément une photo en bande, à 15, avec 33 appareils différents, au milieu du chemin parce que "vous êtes trop mes meilleurs amis quoi, c'est un truc de ouf et faut que tous mes autres amis puissent le voir sur facebook". Et voici qu'on repart systématiquement en même temps que nous, après les arrêts photos, ce qui nous oblige quelque peu à finir la ballade au pas de course et en mode "catch" : "allez pousse toi ma grosse, et hop j'te mets un petit coup de coude, que tu comprennes bien le sens de ma requête !"

Des espèces de trous d'eau, ceints par les pancakes, ce qui crée des tourbillons et autres reflux d'eau un peu violent sur les rochers. On aimerait pas tomber dedans. Par contre, on aimerait bien y jeter certaines personnes. Qui ? Petit indice, ils sont au "bahut(eeeuh)"...

Ah ben t'en voulais de la photo, ah ben tu vas en avoir, même si là, ça pique un peu les yeux quand même !

Tempête qui s'annonce sur les Pancakes... Nous avons donc continuer notre chemin vers le sud, en espérant trouver des conditions plus clémentes. Autour de midi, affamés (as usual), nous décidons de nous arrêter dans le prochain "village" pour déguster nos "beans/sausages" (depuis que le Brésilien est parti, on ne se refuse plus rien et on s'envoie même sur un double repas chaud, le midi et le soir), sorte de cassoulet anglo saxon, avec des haricots et des saucisses tout petits, baignant dans une épaisse sauce rose-orange (tomates ?) sucrée. Un délice quoi.
Ce petit village (pléonasme), c'est Ross (oui, oui, comme dans Friends), ville de mineurs et de chercheurs d'or, ce qui fait sa fierté. Et son attrait. Alors là, on n'hésite plus ! Nous voici revenus quelques années en arrière, au temps des saloons et des exécutions pubiques.
Attention les photos qui suivent peuvent être classées dans la catégorie "gros dossiers". A ce titre, je dois avouer ne pas toutes les assumer pleinement encore. Ca viendra. C'est le quart d'heure "foutage de gueule", faites vous plaisir !!! Et tentez de reconnaîre qui est qui !

Des danseuses de French Cancan d'une souplesse impressionnante (surtout celle avec les yeux bridés)...

... avec une choucroute sur la tête, comme on les aime...

Pendant que ce bon vieux Karol-Joe passe la rivière au peigne fin...

... l'affreux Cafard, le pire voleur d'or de tous les temps, est exécuté en place publique, ce qui constitue l'animation du mois (voire de l'année).

Obligée de perdre sa tête avec ses (fausses) Ray Ban (achetées dans les quarties mal famés de Toronto) dessus, puisque c'est comme ça qu'elle a dépensé l'or volé... (Ah, t'en voulais des photos...... ;-) )

Après cette petite heure "retour à nos jeunes années", nous voilà, "on the road again" (elle est pas belle cette photo-transition ? On dirait du Kiki au 20h), en direction des fameux glaciers Fox et Franz-Joseph (de leur petit nom).
A bientôt mes amis, mes amours (mes emmerdes, sinon ça casse le rythme hein, trouvez vous même le lien)...
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