lundi 4 mai 2009

Où l'on commence à cracher nos poumons et à kiffer nos mères...

Après ces débuts très animaliers, nous voilà partis pour passer la nuit à Blenheim, ville de vignobles et de raisins. Nous avons dormi sur la place du village et commencé notre grande coutume de deux semaines : faire la vaisselle à l'eau froide dans les toilettes publiques, après nous être cassés le ventre (surtout les trois français, faut bien avouer que la malnutrition a beaucoup réduit l'estomac du Brésilien) avec des petits plats mijotés vendant du rêve (sauté de porc sauce satay avec du riz collant cuit à l'eau pas potable, tranche de beef aux poivres/haricots verts, spaghettis bolos avec de la viande hachée cuite le soir même parce qu'en bonne fille de ma mère, je craignais qu'après elle ne nous refile je-ne sais-quel-microbe-incurable, sauté de poulet sauce peanut avec le même accompagnement que précédemment, puis les garçons partis ce fut plus cheap : soupe tomate basilic en poudre noyée dans 8L d'eau, gloubi-boulga haricots/petits pois/riz...) Vous l'aurez compris, le repas avait une place prépondérante dans ce voyage avec l'éternelle question de la journée "ça serait pas l'heure de manger là, bientôt, les gars ?"

Lorsque nous ne mangions pas, nous faisions quelques randos pour nous donner bonne conscience. Des vraies. Attention, hein, finies les petites ballades ridicules de type Hanmer Spring ! A nous les National Parks et leurs montagnes.


C'est comme ça que nous nous sommes retrouvés au pied de ce lac glacière dans le Nelson Lakes National Park.



Puis nous avons décidé de l'escalader lui (enfin peut-être pas lui en fait, hein, mais un de ses frères, un casse-jambes et mollets pour ne pas dire autre chose...) Mount Robert. Et oui, pendant les vacances (ou plutôt "dans les vacances", comme disent tous ces sales gosses anglophones de l'école où je travaille dans leur rédac' en français), on a grimpé Robert. Et ça, c'est pas rien (bon en fait, là j'ai un petit doute sur le prénom de ce bon vieux mont, mais si c'est plus Bob, c'est un mythe qui s'effondre, alors vous ferez comme si, hein, non mais oh, c'est mon blog, n'allez pas me faire ch... non plus !)


Puis, on a commencé à monter pas mal, sous le bleu azur du ciel et la chaleur étonnante d'un doux soleil d'hiver.

Et notre but, c'était d'arriver sur sa bosse à Robert, tout en haut de son dos. Alors, tous les quatre, on a tourné, tourné, puis on a continué à grimper, les deux biches sautillantes du tiers monde devant (tous des voleurs, habitués à courir vite...) et les deux grosses essouflées à la traîne derrière, écoutant le rythme de leur pouls dans leur gorge, pour se faire des flips.


Puis on a grimpé encore, jusqu'à voir ces petites montagnes voisines, qu'on a adoré.


Puis on a fini par arriver au sommet. Jean Paul et Jean Paul ont un peu soufflé alors, habillés avec les plus beaux modèles printemps/été du célèbre couturier du même (pré)nom, tenues idéales pour la randonnée. Oliv' a même poussé le chic jusqu'à porter des Converses "anywhere, anytime", y compris pour la rando des glaciers que vous aurez l'immense joie et privilège de découvrir plus loin dans ce (lovely) blog.

Est-ce qu'on dirait pas une pub pour de l'eau minérale, qui vous "rend femme et bien dans votre corps" ?!

Puis, au sommet, on s'est arrêté manger face à ça. Le pique nique est notre étape phare, à peu près aussi important que le repas du soir, avec minimum deux sandwiches chacun, plus un sucré pour le dessert (Nutella ou confiture, faut ce qu'il faut), plus barres de céréales, plus des Figoa (prononcez fidjoa, d'ailleurs s'il faut, c'est même comme ça que ça s'écrit), croisement irréel d'un kiwi et d'une figue, trouvable en NZ seulement et particulièrement savoureux, s'ils n'avaient été oubliés pendant trois jours au fond du sac de Carole !!!


En repartant du parc, cette vue, mythique, qu'on retrouve sur pléthore de cartes postales et autres affiches de l'île du sud.

En arrivant, après une longue descente fort agréable dans les bois, au cours de laquelle nos deux biches ont pu gambader allégrement dans leurs petites Converses fashions, nous voilà en mode "mareseillais hé", assis face au panorama, devant le van, dans nos fauteuil de camping, une Tui à la main, à regarder passer les nuages et à s'imaginer pouvoir être toujours autant en paix avec nous même que nous le sommes à ce moment-ci...

Retour par Motueka, "ville" (en général, en NZ, ce mot laisse entendre une rue principale bordée de commerces dans laquelle le temps semble s'être inlassablement figé il y a deux cent ans, au moment de la ruée vers l'or, mais c'est ce qui fait leur charme) la plus proche de l'entrée du parc. Après avoir essayé de prendre une douche (contre paiement) dans plusieurs campings et motels qui tous refusent, nous trouvons à notre grande joie (4h30 de rando en montagnes quand même) un backpacker complet, dont la patronne a déserté la réception. En gros Jafars, on s'envoie alors sous une bonne douche chaude, sans sortir un radis. Mais comme "bien mal acquis ne profite jamais", les douches n'ont pas de pression et sont vraiment glauques, à moitié cassées, si bien que nous sommes bien contents de n'avoir pas à payer un service de si mauvase qualité. Nous trouvons même ça normal, en bons français, qu'elle nous soit offerte cette douche !

Puis, sur les conseils du Lonely, nous trouvons un petit coin tranquille pour passer la nuit, face à la mer, illuminée par un somptueux clair de lune. Nous décidons donc de nous lever à l'aube le lendemain (ce que nous parvenons, plus ou moins à faire, suivant les gens, no comment, vous devez déjà savoir que j'ai un peu de mal à me lever à 6h du mat' !) pour profiter de ça :

un lever de soleil absolument magique...


... de ceux qui rendent l'esprit rêveur et le coeur amoureux et mettent en forme pour la journée.

J'espère que même en photo, ce sera le cas pour vous... Moi j'ai toujours la tête en bas et donc vais me coucher à l'heure où vous lisez ces lignes.

Avec plein d'amour, je vous embrasse, en attendant de vous raconter la prochaine étape du périple, incontournable : Abel Tasman National Park.

Finalement, même à la vue de ces photos, qui me font m'en remémorer d'autres, me rappeler d'autres excellents souvenirs de mobilité qu'ils soient canadiens ou kiwis, je ne suis pas triste, pas nostalgique, pas angoissée. Finalement, qu'on la referme cette parenthèse pour pouvoir commencer plein de jolies phrases, nouvelles et tout aussi enchanteresses. Les belles choses ne peuvent durer tout le temps mais ne peuvent mourir vraiment. Vivement qu'on puisse vivre plein de belles autres aventures, tout aussi folles et mémorables, c'est ce qui rend riche émotionnellement, la plus belle richesse qui puisse exister. Finalement, je suis en paix. Finalement, regardez la bien, cette photo, elle semble avoir quelques vertus "magiques"...

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Incredible! What a wonderful world!
Je suis partagée:J'ai hâte de voir la suite et aussi de me laisser encore imprégner de ses images enchanteresses.mmmMerci Léa merci merci

Anonyme a dit…

J'adhère à 200% à l'idée que le plus important c'est le partage avec les gens que tu aimes cf mon envoi sur voila "les choses de la vie". C'est exactement ce que l'on ressent lorsqu'on plonge dans ton lever de soleil!

Tournemine! a dit…

Ca va hein, on sait que tu les scannes les cartes postales!
... Non, vraiment, je suis enchantée par ce blog, qui me fait découvrir des choses magnifiques, merveilleuses, qui me permet de voir la vie de ma coloquette en paix, paix qui se communique en effet!
Merci Léa

Anonyme a dit…

En souvenir des années collège et lycée. Je suis tombé sur ton blog par le plus grand des hasards entre deux révisions (ou pseudo-révisions).
Merci de nous faire partager cette "parenthèse", le tout dans un style à la fois immersif, drôle et percutant.
Continue ainsi.

Léa a dit…

Hum, hum, comment dire heu... Je suis pas très à l'aise en fait Loulou (si tu permets encore cette récupération Madamebéziatesque)pour répondre à ce superbe commentaire, qui me touche profondément. Peut-être merci, c'est pas mal.
Et bon courage pour les exams btw ! Et repasse ici aussi souvent que cela te fera plaisir...