Alors, ce soir, je vais essayer de m'y mettre. De me replonger dans ces ambiances, ces paysages, ces bonheurs, de ne pas trop digresser sur les 36 000 autres questions qui m'assaillent l'esprit aujourd'hui. Mais celles-ci seront l'objet d'un autre post, soyez bien aise !
Donc, après nos 4h de marche dans le Nelson Lake N(ational) P(ark), nous voici en route pour la mecque du NP de NZ (est-ce que ce pays est plein d'abrévations ?) : Abel Tasman NP, réputé pour ses sentiers sur les falaises abruptes, au milieu de la forêt, offrant des vues imprenables sur des baies aux eaux cristallines et au sable orangé, unique au monde.
Nous voulions à la base explorer une vaste partie du parc, c'est-à-dire partir assez tôt le premier jour, après avoir pris nos renseignements à l'office de tourisme, marcher toute la journée, pour atteindre un refuge où nous voulions passer la nuit, continuer à randonner le lendemain et rentrer dans l'après midi en "Water Taxi", petits bateaux à moteur hyper instables qui font des navettes régulières pour ramener les visiteurs à l 'entrée du parc.
Finalement, week end de Pâques oblige, ni les "huts", ni le backpacker-bateau n'avaient suffisamment de places pour nous accueillir lorsque la longue nuit froide et noire s'abbattrait sur cette partie de l'ile du sud.
Nous avons donc décidé de partir le premier matin à pied jusqu'à Anchorage Bay, située à 5h de marche de l'entrée du parc, de revenir dormir dans notre van si confortable, grâce à un de ces fabuleux Water taxis, puis de nous faire déposer sur une autre plage le lendemain, plus au nord, pour pouvoir revenir vers le sud à Anchorage Bay de nouveau et poursuivre notre exploration du parc. Ce qui impliquait une fois de plus, un retour dans cette adorable embarcation.
Bref, plus je relis et plus j'esaie de rendre les choses simples, plus je trouve ça confus et embrouillé. Toute façon, on s'en fout un peu hein de notre itinéraire, j'aimerais bien savoir qui va aller "google mapisé" ces informations pour se faire une idée précise du trajet. Moi j'y étais, je m'en rappelle, c'est l'essentiel. Vous, ce qui vous importe, ce sont les photos, vous avez déjà tous arrêtés de lire à ce stade, je le sais, donc, en avant :
Première baie, premier jour, encore des rayons de soleil qui rendent l'eau si turquoise, que ça en donne l'esprit rêveur...
Si l'on reprend la phrase avant le début de cette interminable parenthèse (parce qu'en plus de parler de moi à la troisième personne comme Alain Delon, je fais semblant d'écrire comme Proust), nous voici donc à "Rayon de soleil", expression sur laquelle les trois bons beaufs français que nous sommes n'arrêtaient pas de rebondir en chantant aussi fort que faux "uuuuuuuuun rayon de soleil, un pont suspendu aux fleurs de ton jardin, la main sur ton petit cul..." Anyway.
Une photo, 67 lignes de commentaires sans aucun rapport. Mes pauvres choux, ce post s'annonce particulièrement difficile...
Heureusement qu'avec Olivier, toujours assis sur les même sièges (à l'avant, pour être protégés, derrière le chauffeur, pour être les premiers sauvés), on maitrisait à fond les signaux de sécurité et les appels radios à émettre en cas de naufrage ("sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord").
Puis, une fois arrivés, nous embarquions sur ces charmants tracteurs qui nous ramenaient sains et saufs (et à 15 km/h) à bon port.
Une ambiance curieuse que ces forêts néo-zélandaises entre leur végétation luxuriante, laissant penser à une forêt tropicale, malgré l'absence d'animaux effrayants autres que de gros pigeons au jabot gonflé, et leurs arbres "courants", que l'on retrouve aussi dans nos contrées.
La fameuse rivière émeraude (ouais en vrai, c'est vraiment couleur bleue canard wc, mais ça fait tout de suite moins poétique) qui coulait en dessous du pont suspendu ("aux fleurs de ton jardin, ma main, sur ton petit c..." Pardon, je m'égare...)
Une autre part importante des deux nuits passées à l'entrée du parc, et dont malheureusement aucune photo ne peuvent témoigner, réside dans Le café-restaurant où nous avons passé de longues heures à manger des patisseries aussi scandaleusement caloriques que divinement gouteuses, en buvant des Cappu, puis des bouteilles de blanc, puis de rouge, avant de nous lancer (sous l'impulsion machiavélique, il faut bien l'avouer d'Oliv' et moi) la veille du départ de Maike, obligé de rentrer plus tôt que nous pour cause d'avion retour pour Sao Paulo, sur le restaurant et son "rabbit" et son "lamb" à "faire trembler les murs de Jéricho" comme l'aurait poétiquement hurlé ce bon vieux Michel (Sardou, pour ceux qui manqueraient d'une solide culture musicale française...).
Puis nous avons tellement aimé cette ambiance, que nous sommes restés après pour "l'open mic" organisé en l'honneur de la dernière soirée du resto avant la fermeture saisonnière. L'open mic, c'est une sorte de scène ouverte, qui offre la possibilité à tous les "talents" de la vallée de se produire pour nous faire partager leur amour de la belle musique. Voilà, comment on s'est retrouvé au milieu de la soirée la plus roots de notre vie, entre guitaristes dreadeux, batteurs complétement stone, maori qui chante du Bob et surtout ce bon vieux Bourré (ben oui avec une majuscule, c'est son prénom quand même), le simplet de la vallée, qui s'accrochait à toutes les poutres du resto pour danser en faisant Tarzan ! Puis il y avait les serveuses du resto aussi, la petite grosse notamment, la Bourrée (ils sont un peu consanguins ici, c'est comme le Cantal), qui s'enchainait les verres de rouge en jetant des oeillades ennamourées au Oliv', à moins qu'il ne faille dire à l'Oliv', peut-être (faut bien avouer qu'il la chauffait aussi, hein ce salaud (comme je peux faire courir de vieilles rumeurs sur ce blog, c'est énorme, je vais pourrir ta réputation à l'ambassade de France mon petit) ). Il y avait les petits gars des fermes du coin aussi, 15 ans, l'âge légal pour conduire SEUL une voiture en NZ, venus passer leur première vraie soirée d'hommes à l'Open Mic' et qui t'abordent en ces termes "hey mate, h......R.....in' ???" qu'il faut traduire par "Hèye meyte, ao areuh you goingue ?". Pas toujours facile la vie dans la vallée, hein...
Toujours est-il qu'on a passé une soirée magique, qui s'est terminée relativement tôt, mais au cours de laquelle nous avons réussi à retracer la vie de tous ces personnages mythiques, haut en couleurs, tant et si bien qu'on était triste de ne même pas leur dire au revoir en partant et qu'ils ne remarquent même pas notre départ, nos nouveaux amis...
Fin de deux jours superbes, riches en émotions artistiques et humaines et en fou rires divers, à Abel Tasman NP. Départ du Brésilien , le Tiers Monde s'écroule, l'Occident vacille, mais bon gré mal gré, l'aventure continue, toujours plus follement...
To be continued

2 commentaires:
encore un bout de voyage partagé avec toi, des paysages rares et ton humour qui déride les zygomatiques . Que dire sinon encore stp!!
Juste une chose (pq on va partir vers les chutes de Niagara): Il y a pas de photo de toi!!! Pour le reste bien écrit et tout ça ;)
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