... il est là.
Parce que le temps a passé avec son lot de bonheur et de malheur. L'été s'est envolé et la mobilité avec. Fin des nouveaux émois, des découvertes, des éclats de rire, des nouvelles rencontres, des déceptions, des désillusions. La vie en accéléré a repris son cours. Lent. Les choses sont revenues à la normale. Trop.
Septembre est là, l'iep aussi. Son administration pathétique, les préoccupations d'avenir, les galères d'emploi du temps. Du plus futile au plus essentiel, tout est revenu en ordre. Dans l'ordre des priorités. C'est la fin. D'une époque, d'une bulle, d'une expérience unique. Déjà, tout cela parait si loin, que c'est comme si la parenthèse n'avait même jamais été ouverte. "Comment c'était ?", "Bien". "Tu dois avoir plein de choses à raconter", "Oui, trop". Tellement diffuses en même temps que denses qu'elles en restent indescriptiblement indicibles.
Le bilan global est évidemment plus que positif. Je n'ai jamais autant été dans la vie que pendant cette année. Le problème, c'est d'accepter maintenant que peut être la vie ce n'est pas ça. Pas toujours ou pas seulement. Tant mieux remarque, parce que j'en ai chié aussi, j'en ai versé des larmes, j'en ai avalé des couleuvres. Mais "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort". Et nous fait grandir. Je suis grande, forte mais perdue.
La parenthèse ne s'est en effet pas refermée, elle ne peut plus se refermer. "Rien ne se perd, rien se crée, tout se transforme". C'est ça, on est en plein dedans. Placer ce petit signe d'apparence anodine ")" laisserait penser que tout est derrière maintenant, bien en cage, bien tenu, incapable de s'échapper. Or tout s'est déjà échappé. Tout est en moi maintenant, bien ancré. Le pire mais surtout le meilleur. La parenthèse ne se refermera jamais plus. Ce serait un échec, une perte inestimable, une connerie monumentale.
Puis il y a vous tous, les incarnations vivantes de cette parenthèse ouverte il y a quasiment un an jour pour jour, ceux que je ne peux plus perdre, sous peine de me perdre, ceux dont je ne veux plus entendre parler sous peine d'être déçue. Puis il y a toi, le lien indéfectible et incassable avec cette année hors norme. Ma plus précieuse trouvaille de mobilité.
Cependant, continuer la parenthèse, la laisser ouverte, l'enrichir, la combler, l'étoffer est loin d'être évident. La réalité et "la vie d'avant" sont revenues et ne seront plus jamais tout à fait les mêmes. Il faut mixer tout le monde, y faire cohabiter des envies, des sentiments, des réalités qui n'ont pas grand chose à faire ensemble. Et qui pourtant font toutes que je suis profondément moi.
Je suis perdue, mais je ne veux pas me perdre, je veux me relever et avancer, en gardant tout. Un petit rossignol et un vieil ange las me regardent, je ne peux pas les décevoir. Il faut accepter le passé, l'utiliser avec toutes ses faiblesses pour vivre un présent toujours plus beau.
Merci à tous d'avoir suivi ces aventures, mes aventures, l'apprentissage de la vie d'une petite fille sûrement trop gâtée et protégée qui a fait ce qu'elle a pu et a surtout essayé d'être toujours entière. Toujours le plus fidèle à ce qu'elle souhaite être. Vous allez me manquer, j'aimais raconter mes péripéties, puisqu'en fait je me suis aperçue que l'écriture est la seule chose suffisamment excitante et vibrante pour y consacrer sa vie.
Je déteste les conclusions. Je ne sais rien finir. Je veux éviter toute guimauve larmoyante et autres procédés trop faciles pour émouvoir dans les chaumières. La parenthèse ne s'est jamais aussi bien portée, elle m'a enchantée, pourvu qu'elle ne se referme plus jamais...
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L'A380 pour Skymark Airlines ?
Il y a 15 ans

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