mardi 23 septembre 2008

Du bonheur d’écouter Brassens le soir au fond de son lit ...

Je vais paraphraser Momowhisma pour commencer, vu que j’ai trouvé ce concept particulièrement sympathique : à lire en écoutant Brassens, tout Brassens, je veux dire, l’intégrale et bien sûr les morceaux que j’aime tout particulièrement…

Il m’est en fait très agréable de tenir ce blog, beaucoup plus que je ne l’aurais cru… En fait, j’adore, j’ai toujours adoré écrire (même si je sais bien que ça vaut ce que ça vaut, c’est à dire pas grand chose, mais c’est ça les blogs, non, le summum du narcissisme ? Si ça me fait du bien à moi, peu importe ce que ça vous fait à vous !!!) et tenir ce « journal de bord » de ma vie ici me donne une bonne occasion de le faire. En effet, le plus dur pour moi, a toujours été de trouver sur quoi écrire et quoi raconter… Là, l’occasion est trop belle et m’impose une vraie discipline. Vu que j’ai la prétention de croire que vous êtes quelques uns à vous intéressez à mes futiles aventures, je m’oblige à m’y tenir et en vérité, je me rends compte que ça me fait du bien et que je ne peux pas m’empêcher de rédiger ma petite note quotidienne (ou presque !)

« C’est le début de ton roman » m’a écrit quelqu’un qui sait à quel point ce projet m’est cher… Certes non ! Mais, au moins, ça m’en donne l’illusion. (p… de toi, do you remember ? It was so good)

En effet, ici tout est démultiplié. Tout va plus vite, tout est accéléré (une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur ), on n’est plus vraiment dans la vraie vie… C’est du moins l’impression que j’en ai. On connaît depuis quelques semaines, parfois quelques jours, des gens qui deviennent nos plus proches amis, nos confidents, nos alter ego. On sait tout (ou presque) les uns des autres, on se raconte tout, comme s’il n’y avait pas de temps à perdre, à gâcher, qu’il fallait bouffer à pleine dent chaque mini seconde de ce bout de vie si particulier, qu’on ne retrouvera sans doute jamais plus.

Pour faire une comparaison pour le moins maladroite (j’suis le pornographe du phonographe, le polisson de la chanson), la mobilité (du moins à Ottawa, mes cours de socio m’ont appris à ne pas généraliser trop vite un fait social observable dans une société donnée et uniquement contingent à cette dite société) c’est un peu comme la TV réalité.

Parenthèse, là c’est le bistrot : je suis obligée de faire une dédicace spéciale à Camille, Thaïs et Marion, à nos apéros vin blanc/potin/habillage/coiffage/taillage-sur-tout-et-n’importe-quoi, « dans un coin pourri du pauvre Paris, sur une place, l’est un vieux bistro tenu par un gros DEGUEULASSE », merci à Nanou en passant, sans qui cette expression aurait tout de suite moins de charme

Donc, non, non, je ne perds pas le fil qui m’a permis de relier mon expérience à Ottawa à Loft Story, Big Brother et autre Secret Story (quelle honte que Matthias ait gagné à ce propos ;- )). Dans ces émissions, on les voit passer leur journée à pleurer, se disputer, se rabibocher, avoir des fous rire… Ils semblent futiles, enfantins, terriblement risibles… Certes, nous ce n’est pas tout à fait du même ordre, mais je peux assurer qu’à l’instar de l’excitation procurée par les caméras tournant 24h sur 24, ici toutes les émotions sont décuplées. La vie se vit (encore) plus intensément que d’habitude. Du moins, c’est mon expérience et je la partage. (trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées. ??? really ? Une petite pensée pour tous mes sales petits trompettistes chéris et même tous les cul…ivres en général et puis à tous ces zikos en fait, si chers à mon cœur de suceuse de anches !)

Le corollaire de cette « vie en accéléré » est le « j’men foutisme » constant qui m’habite. (dans l’eau de la claire fontaine, elle se baignait toute nue, comme ce serait bon de pouvoir le faire encore …) J’entends par là que je suis tellement persuadée d’être en train de vivre quelque chose d’unique, d’à part que j’ai la perpétuelle impression qu’il ne peut rien se passer de grave. Je vis dans une espèce de détente et de décontraction permanentes qui ne me sont pourtant absolument pas familières.

Nouvelle parenthèse because : les copains d’abord… Je pense à vous tous, vous qui m’avez aimée, supportée, écoutée, rassurée, comprise, façonnée, formée, parfois transformée… La vie sans amour est paraît-il possible, sans les « copains », je suis sûre que non… « des bateaux j’en ai pris beaucoup, mais le seul qui est tenu le coup, qui n’est jamais viré de bord naviguait en père peinard sur la grand mare des canards et s’appelait les copains d’abord […] c’étaient pas des amis de luxe, des petits castor et pollux, des amis choisis par Montaigne et La Boétie, sur le ventre ils se tapaient forts, les copains d’abord, […] au moindre coup de Trafalgar, c’est l’amitié qui prenait le quart, elle qui leur montrait le nord, […] au rendez-vous des bons copains, y’avait pas souvent de lapins»… pour vous tous, trop long à citer… C’est facile de reconnaître ceux auxquels je fais allusion avec ces paroles, ce sont ceux qui sauront d’eux mêmes qu’elles leur sont dédiées.

Certes, il y a des moments de stress, des moments où je me mets un peu la pression, pour les cours notamment, il y a des passages à vide, des instants de tristesse, de nostalgie, où un grand vide se fait ressentir mais en règle général, je VIS et profite de tout sans trop réfléchir, ce qui est à 100 000 lieues de mon mode de raisonnement habituel. So, why ? L’éloignement, une certaine maturité ? Temporalité, permanence de cet état ? Wait and see… C’est fou, vous voyez que tout glisse sur moi, peu de choses m’atteignent, soit la nouvelle philosophie du « j’m’en foutisme ». Je suis à Ottawa, je le vis à fond, le mieux possible, point barre. Les problèmes reviendront quand je reviendrai. Ou pas.

Ohlala, ça continue « le bulletin de santé » que de souvenirs, tous meilleurs les uns que les autres, « si j’ai trahi les gros, les joufflus, les obèses, c’est que je baise, que je baise, que je baise, comme un bouc, un bélier, une bête, une brute, je suis hanté le rut, le rut, le rut » !!!! Ah ce Brassens ! Merci posthume pour tout le bonheur qu’il nous donne encore !

Une troisième chose vient s’ajouter de façon complémentaire aux deux observations précédentes (ohlala, ce style sciences po, c’est plus fort que moi, on est formaté ou on ne l’est pas, c’est incroyable comme on perd en spontanéité dans l’écriture en gagnant des années d’études, enfin, c’est valable pour moi, encore une fois), pour la première fois de ma vie ( ?), depuis longtemps ( ?), depuis aussi loin que je m’en souvienne ( ?), ici, je vis pour moi et uniquement pour moi. Je suis devenue d’un égoïsme assez incroyable. (« tout est bon chez elle, y’a rien à jeter, sur l’île déserte, il faut tout emporter », je maintiens ma promesse d’épouser l’homme qui saura me parler comme ça : « sans ses cheveux qui volent, j’aurais un mql fou à voir d’où vient le vent… » etc)

Revenons à nos moutons (très bonne transition après avoir parlé de mes cheveux ! ) Je m’exprime très mal. J’ai beaucoup de mal à mettre des mots clairs sur ce que je ressens. Comment ? Ah oui, c’est ça être écrivain, exactement ce que je n’arrive pas à faire, ben tant pis, je finirais fonctionnaire à la poste… ou pire dans l’éducation nationale, beurk !!! Ce que j’essaie très maladroitement de dire, c’est que je tente de ne prendre des décisions (importantes, s’entend) qu’en fonction de moi, en ne pensant qu’à moi, sans trop me préoccuper de l’avis ou du jugement des autres. Je considère avoir fait beaucoup de sacrifices par le passé (pauvre petite Cosette, sortez les mouchoirs, oui, je sais) et là, pendant un an, c’est stand by. Je fais ce qu’il me plaît. Ce qui ne veut pas dire que je fais n’importe quoi, ni que je suis devenue une individualiste notoire se contrefichant royalement de ses prochains. J’essaie juste d’être plus indépendante, oui, c’est pas mal, ça, ça vient on dirait. Allez Cosette, tu finiras fonctionnaire au Conseil Général de l’Aude, ah mais non, c’est vrai, j’ai oublié quand je rentrerais en France, ça n’existera plus les fonctionnaires. Comme les dinosaures. Putain, va falloir que je progresse en écriture alors ! La pression là d’un coup ! Penser à retrouver mon nouveau credo« j’m’en foutiste », à l’occasion.

Oh, la chanson va parfaitement bien là dans le contexte « parlez moi d’amour et j’vous fous mon poing sur la gueule », mon hymne canadien, en rentrant en France on verra… Wait and see ! Ouf, ça va je l’ai retrouvé, soupir de soulagement !

Je crois que je viens de taper une page (trois) pour finalement ne rien dire. Tant pis, ça m’a fait du bien à moi, ça m’a fait plaisir. Et finalement, ces deux justifications égoïstes et égocentriques illustrent parfaitement la nouvelle philosophie que j’applique ici et que je viens de m’efforcer de vous décrire. C’était peut être ça la clé de cet article, commencer par la fin pour arriver au fameux et tant convoité CQFD. Le hic ?Je ne sais pas au juste ce que je voulais démontrer. Au moins, je peux dire que j’ai réussi. J’ai toujours trouvé que le plus dur pour réussir un bon récit, c’était d’arriver à le finir de façon claire, « bouclant la boucle », brève et spirituelle. Moi je n’en suis pas capable, lui, c’est son génie… Alors, oublions un peu les mœurs rigoristes des Américains du Nord à ce sujet et avec grâce et volupté, plagions de bon cœur ce cher vieux Georges. J’ai choisi cette chanson, peut être parce qu’elle est futile comme j’essaie de l’être ici, mais pas tant finalement, comme je pense l’être en vérité, mais surtout parce que je l’aime passionnément, pour sa fraîcheur, son irrévérence et son humour spirituel… Parce qu’elle me met du baume au cœur en me rappelant de merveilleux moments avec différentes personnes (enfin, surtout deux en fait, une certaine M. et un certain S.) et que j’ai envie de me coucher avec le cœur léger, l’esprit détendu et le sourire aux lèvres…

So, Mr Brassens, it’s your turn :

“la femme qui possède tout en elle, pour donner le goût des fêtes charnelles, la femme qui suscite en nous tant de passions brutales, la femme est avant tout sentimentale, main dans la main les longues promenades, les fleurs, les billets doux, les sérénades, les crimes, les folies, que pour ses beaux yeux l’on commet, la transporte, mais quatre vingt quinze fois sur cent, la femme s’emmerde en baisant, qu’elle le taise ou le confesse, c’est pas tous les jours qu’on lui déride les fesses, les pauvres bougres convaincus du contraire sont des cocus, à l’heure de l’œuvre de chair, elle est souvent triste peuchère, si l’on entend le cœur qui bat, le corps non plus ne bronche pas. »

Ecouter la chanson complète pour la suite, tout autant délectable…



Aucun commentaire: